(Re)trouver son chemin
Au cours de l’existence d’un humain, il advient souvent ce ou ces moments où, par la force des choses ou une somme inattendue d’événements, il peut se sentir comme « désorienté » ou « perdu ».
Que signifie au juste cette sensation ? Les repères auxquels l’humain donne le pouvoir de le rassurer, le situer, le conforter, le guider, le soutenir, l’équilibrer sont multiples et variés : un travail, un cadre de vie, des possessions, un entourage, un statut social, un couple, un état de santé, une réputation, etc. Il suffit alors qu’un seul de ces repères bouge ou disparaisse pour lui faire perdre son illusoire sensation de stabilité et l’amputer de sa capacité à décider, choisir et agir avec discernement.
Il y a ceux qui s’effondrent, ceux qui paniquent, ceux qui se morfondent sur la modification de leur situation, ceux qui cherchent à s’accrocher à la première branche disponible, ceux qui tombent en léthargie, ceux qui veulent se battre pour récupérer la chose perdue et puis il y a les autres : ceux qui entendent et comprennent enfin la grande leçon de l’Univers : « tout ce qui, autour de toi, te donne un sentiment de sécurité et de sérénité te sera tôt ou tard enlevé. »
Il ne s’agit évidemment pas d’une sanction absurde visant à maintenir les humains dans une incertitude existentielle permanente ou les priver systématiquement de ce qui contribue à leur bien-être. Non, cette perpétuelle leçon de vie a pour objectif d’aider chacune et chacun à trouver en soi la vraie force, la vraie stabilité, la vraie lumière, la vraie sécurité, la vraie guidance, le vrai pouvoir. De ce fait, adresser à l’Univers des demandes de ceci ou de cela, dans le but de recevoir des garanties tangibles, des indices de confiance, des marques de considération, des preuves de fidélité, bref une sorte de contrat d’assurance-vie écrit en lettres de lumière, n’a pas du tout pour effet de les octroyer à l’auteur de la demande mais bien plus de déclencher des mises en situation qui obligent à se responsabiliser, s’autonomiser, se connaître davantage, sentir ses fondations, tester son degré de maîtrise et, il va de soi, éprouver sa foi.
Aligner de façon totale et irréversible sa volonté individuelle sur la volonté supérieure, cette volonté suprahumaine issue des plus hautes sphères de conscience, demeure toujours le moyen le plus direct et radical pour sortir des ornières de l’ignorance et de la désorientation. Il doit immanquablement en ressortir une clarté indiscutable : si se sentir perdu ou déboussolé peut, pendant un certain temps et jusqu’à un certain point, se concevoir, il est ensuite à réaliser que la persistance de cette sensation découle manifestement du refus plus ou moins assumé de se laisser guider par plus vaste que soi. En somme, on ne se perd jamais que dans son propre orgueil.
Gregory Mutombo

