Observation scientifique

La faculté d’observation est certainement ce qui a rendu l’expérience humaine aussi excitante.

C’est cette curiosité qui pousse un enfant à jouer dans le sable des heures durant, observant le comportement du sable sous ses pieds, sa consistance qui se modifie sous l’effet de l’eau. Un jeu, le jeu de la curiosité. Une curiosité sans but, sans objectif, sans attente, qui confine à l’expérience personnelle, qui n’a pas vocation à être érigée au rang de vérité ou de loi, qui dure le temps de l’expérience puis laisse paisiblement sa place à une autre lorsque maman sonne le rappel. Une curiosité de l’instant présent.

Cette curiosité est l’élan primordial pur et candide, qui pousse le scientifique en culotte courte à décortiquer des heures durant un phénomène. Aussi nourrissant que de peindre un tableau ou de composer une musique, répondre à cet élan d’observation du monde qui nous entoure honore la vie en nous.

Lorsque l’on relativise la soumission à la loi biologique, certains pensent qu’il leur est demandé de clouer au pilori toute la littérature médicale et physiologique pour revenir à l’instinct de guérison des peuples primitifs. Il n’en est rien. La strate de compréhension qui est amenée ici est celle d’une articulation entre la pensée, le grand mouvement universel et les phénomènes biologiques que nous observons – une voie qui n’exclue ni les unes ni les autres.

Tout est à honorer dans l’expérience humaine : l’élan des scientifiques, l’élan du médecin, les matériels d’observation que nous avons conçus. Pourquoi serions-nous dotés de ce pouvoir créateur illimité si ce n’est pour se réjouir de ce que nous inventons ? Il ne nous est aucunement demandé de renier nos élans, bien au contraire. Il ne nous est nullement demandé de renoncer à quoi que ce soit, bien au contraire.

Mais peut-être nous a-t-il toujours semblé qu’il manquait un morceau au puzzle, qu’un rouage grippait dans la mécanique dite cartésienne ?

Le jour est venu pour le scientifique de remettre à sa juste place son terrain d’observation : de belles articulations, une horlogerie suisse, des clés et des serrures, des architectures cellulaires magnifiques mais qui, sans le mouvement universel qui les régit, ne seraient que des jouets sans vie.

Qui à ce jour peut donc prétendre expliquer scientifiquement ce qui fait VRAIMENT battre un cœur ?

Dr Sandy Plouvier