Le corps: une œuvre d’art

Le corps humain est une horlogerie suisse. L’étonnement est de mise car nous avons toujours tendance à croire que nos corps sont des mécaniques fragiles et périssables. Pourtant nos corps ont été conçus parfaits, puissants, robustes, auto régénérant, harmonieux : des œuvres d’art.

Comme d’habitude, c’est la somme de nos pensées et donc de nos jugements à son égard qui l’a enfermé dans une définition étriquée et putrescible. La notion de nécrose est une insulte à l’intelligence du corps. Que nos corps de chair n’aient pas vocation à durer éternellement – puisque ne représentant qu’une petite partie de ce que nous sommes vraiment – est une chose, que l’arrêt de l’expérience corporelle soit assortie des notions de vieillissement, de putréfaction, de fatigue, d’altérations, est une erreur de perception. Erreur partagée par l’immense majorité des humains, c’est bien ce qui lui donne une force collective gigantesque.

La particularité de l’expérience humaine vient de l’illusion de séparation de la source. Tout a déjà été dit et écrit à ce sujet, nous engageons le lecteur à se référer à l’abondante littérature de l’unité et de la non-séparation. Mais la jonction avec le plan biologique semble être un gouffre large et profond.

L’homme a de tous temps été  touché par l’observation du cosmos. Que voit-il alors : la beauté, la grandeur, la perfection, la louange, le mouvement. Alors que l’observation de l’ADN et de l’infiniment donne souvent cette même impression de fascination, il semblerait que ce soit l’exact opposé qu’il voit quand il regarde un corps humain. La dimension « corps » se situerait donc entre deux extrêmes qui sont perçus dans leur beauté et leur perfection (l’infiniment grand et l’infiniment petit). Au milieu d’eux se trouverait le corps qui lui n’aurait, sauf exception, que des attributs inverses avec, au premier plan, l’imperfection et la fragilité.

Qu’est-ce qui appartient au domaine du corps qui ne se trouverait ni dans l’infiniment petit ni dans l’infiniment grand ? Certainement ce mental séparé qui identifie le corps a une pensée JE.

Sans la pensée JE, le corps serait-il alors pure perfection, reflet de la beauté et de la grandeur de la vie, celle ressentie à l’observation de l’infiniment grand comme de l’infiniment petit ?

Dr Sandy Plouvier

(Certaines parties de ce texte ont été publiées dans Le Souffle de la Grâce en 2019)