La démarche scientifique

La démarche dite rationnelle, qui a fondé notre approche occidentale de la Médecine, est basée sur l’observation d’éléments reçus par nos cinq sens et pouvant donner lieu à reproductibilité.

Une dérive progressive et une défiance vis-à-vis de ce qui pourrait de près ou de loin approcher le domaine de l’âme, de l’esprit, a abouti à une dichotomie avec un raccourci cinglant : cartésien = scientifique, en opposition à fantaisiste = issu d’éléments non vérifiables par les cinq sens. Or, les vrais scientifiques – au sens de « mus par l’élan scientifique véritable » – le savent, il ne suffit que d’une observation inhabituelle mais suffisamment importante dans ses répercussions potentielles pour que l’élan scientifique soit au minimum de s’y pencher.

C’est une démarche scientifique que de chercher à comprendre des phénomènes qu’il n’a pas jusqu’à présent été possible d’expliquer. Un scientifique sait que l’état actuel de la connaissance ne permet pas toujours d’expliquer un phénomène, il sait que des explications physiologiques ont parfois été découvertes des siècles après l’observation initiale.

Si la connaissance ne se manifeste qu’à un individu au départ, cet individu est-il dans l’erreur sous prétexte qu’à ce stade il est le seul à l’avoir perçue et observée ? Se réfugier derrière la pensée cartésienne pour réfuter par avance toute information qui mettrait l’ego du scientifique mal à l’aise, qui ébranlerait les fondations de ce que l’individu prétendument scientifique a construit dans son mental, est tout sauf scientifique. Le scientifique prend acte de l’observation et suit la piste… Et la guidance intérieure offre toujours la piste à suivre.

A fortiori quand plusieurs individus voire des milliers font état des mêmes observations, le fait de ne pas avoir été soi-même l’observateur direct suffit-il à écarter d’un revers de mains les indications données ? Non, mille fois non.

Observer c’est aussi accepter l’observation d’autrui, non comme une vérité à prendre sans réserve mais comme une piste à suivre : voilà la vraie démarche scientifique.

Dr Sandy Plouvier