De la notion de statistiques…

L’humain présente une tendance compulsive au comptage associé à un inexorable besoin de consigner ses observations, de les graver dans le marbre et d’en faire des vérités : ceci a donné naissance à la notion de probabilités puis de statistiques.

Les statistiques ne sont qu’une vaine tentative d’explication de ce qui dépasse l’humain. Puisque certains événements semblent se produire de manière rare mais inexplicable, mettons cela sur le compte d’événement hasardeux eux même contenus dans une loi statistique, afin de ne pas avoir à remettre en cause la probité du système de pensée soi-disant scientifique basé sur des lois physiques et biologiques parfaitement reproductibles.

Pourtant, si une chose n’est pas vraie tout le temps, en tout lieu et en toute circonstance, alors elle n’est pas une vérité mais une manifestation d’une des possibilités inscrites dans la ligne du temps. Dès lors, tout le château s’effondre.

Il s’agit bien ici de l’observation de phénomènes. Or, que l’observation soit dépendante de l’observateur est un fait maintenant bien établi par nombre de scientifiques eux-mêmes. La physique quantique l’a prouvé et maintes expériences ont été menées : on observe ce que l’on veut observer, observer modifie l’objet observé, on voit ce que l’on veut voir et surtout on voit ce que l’on croit.

Si l’observation est en elle-même altérée, tordue par la croyance de l’observateur, comment alors attester de l’objectivité, donc en termes de statistiques, des résultats émanant de la multiplicité des phénomènes observés ? Il nous faut admettre qu’il y a ici une incohérence majeure sur laquelle toute la pensée médicale moderne a basé sa pratique. L’avènement d’une réelle vénération à l’égard de ce que nous avons appelé « l’Evidence Based Medecine » a posé les bases d’une pratique aussi erronée que risquée. : aujourd’hui, seul le comptage des événements devrait guider celui qui se prétend en capacité d’aider son prochain à se guérir.

Or, chaque individu sur cette terre est un univers en soi, une vastitude de paradoxes, un océan d’idées, de pensées, de vibrations. La somme de ces éléments en fait un être unique et précieux.  

À des êtres uniques et précieux, on répond par la standardisation, et on s’attendrait à une juste reconnaissance de la part de ces mêmes individus. Les patients sont les premiers à ressentir de manière inconsciente cette incohérence. Leur défiance vis-à-vis de cette approche standardisée de la médecine est à la hauteur du mépris émis à l’égard de leur unicité.

À l’autre bout du spectre, on retrouve des thérapeutes en tous genres qui œuvrent avec bonne volonté mais sans aucune connaissance biologique et qui ont donc quelques difficultés à emporter l’adhésion d’un public qui voit là aussi une incohérence flagrante.

Mais où se situe donc cette ligne qui ne s’égarerait ni dans l’extrémisme de la standardisation ni dans la vallée fantasmagorique des thérapies alternatives ? La recherche de cette voie du milieu est une invitation proposée à tout soignant de nos jours.

Dr Sandy Plouvier